« Jeanne d’Arc, l’École qui donne l’opportunité aux Parents d’Élèves d’être Acteur d’une Communauté »

Je suis parent d’élèves depuis 2001 dans l’école Jeanne d’Arc. Cela fait donc 18 ans que je fais l’expérience de l’enseignement catholique en milieu rural.

J’ai grandi dans le Loir et Cher, dans une ville de moyenne importance. Je suis un pur produit de l’urbanité. Une enfance où l’enfant est un nom sur une liste ; au mieux, un membre d’une fratrie ! Une chaise remplie dans une classe remplie !

Si, en tant que jeune parent, je ne savais pas toujours exactement ce que nous voulais pour mon enfant, je savais malgré tout, que j’avais une revanche à avoir sur l’enfant scolarisé que j’avais été !
Je voulais être active au cœur de la communauté éducative de mes enfants ! Je voulais pouvoir être aux premières loges de leur éducation, je ne voulais pas subir l’anonymat des parents d’élèves de la « ville ». Je voulais que mes enfants sachent, combien il est important pour moi, qu’ils aient une communauté là, présente, et dévouée à leur bien-être et à leur éducation et que j’en serai garante !

Cette école m’a donné cette opportunité, celle d’être au plus proche de l’équipe éducative.

Dès les premières années, je me suis engagée dans l’Association des Parents d’Élèves, très rapidement on m’a confié le poste de Présidente, j’ai fédéré autour de moi une équipe de parents d’élèves motivés. Nous présentions nos projets au directeur ; nous faisions des manifestations pour pouvoir financer tous ces projets et ceux-ci voyaient le jour !
Nous prenions très à cœur le passage de relai de parents d’élèves sur le départ, le cycle d’une école étant ainsi faite, tout élève – même le moins bon – part un jour pour la grande aventure du collège !

Cette École fonctionne ainsi depuis 70 ans ! Une équipe éducative ouverte aux propositions, des parents d’élèves motivés, un OGEC partie prenante des projets.

Au cours de ces 18 années, j’ai travaillé avec différentes équipes d’APEL, à différents postes, avec plus ou moins d’implication suivant mes disponibilités professionnelles.

J’ai – je devrais dire « nous avons », car on embarque toute la famille dans cet investissement – toujours pris beaucoup de plaisir à participer à la vie de cette École ; elle est pour notre famille une maison commune, un repère fiable, un phare dans la tempête. Cette École nous a donné des amitiés très fortes, des souvenirs indélébiles, elle nous a construit en tant que parent, elle nous a aidé à transmettre des belles valeurs humaines à nos trois enfants.

Cette École est le siège d’une communauté forte et mobilisée. Nous y avons étayé nos croyances, ancré des valeurs d’entre-aide et de partage, tracé un chemin de vie pour nos enfants – spirituellement et professionnellement – nous y avons cru et nous y croirons encore très longtemps.

Nous avons eu trois enfants, ils ont eu la chance de suivre leur scolarité dans cette école, de la Toute Petite Section au CM2 ; ils ont pu de se construire à l’abri d’une communauté bienveillante – avec leurs différences et à leurs rythmes. Grandir dans une École comme celle-ci, est une réelle chance ! L’enfant est au cœur de chaque attention, cette École permet à l’enfant d’être LUI parmi les autres et avec les autres.

Aujourd’hui, on parle de la fermeture de cette École. J’ai beaucoup de mal à imaginer cela ! J’ai du mal à croire qu’une logique comptable viendra à bout de cette communauté, je peux ne pas croire que l’Enseignement Catholique fera feu de toutes ces années, de toute cette ferveur, de tout ce patrimoine transmis de génération en génération.

Il y a encore beaucoup de belles choses à réaliser dans cette École, il y a d’autres pages à écrire, et surtout il y a encore beaucoup d’autres enfants à éduquer au cœur d’une structure aimante et valorisante !

Je fais le vœu que les rentrées prochaines soient vivantes, que la cour de l’école soit remplie de cris d’enfants, que des parties de foot acharnées se déroulent sur ce bitume tout neuf, que des petites filles continuent à jouer à la maîtresse sous le préau, que les tableaux numériques diffusent les plus beaux cours d’histoire jamais vu, que nos maîtresses retrouvent le sourire et surtout que nos enfants ne soient plus jamais inquiets du lendemain.

Christelle RICHARD – Parent d’élève